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Alerte en Australie

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Alerte en Australie
  • Les histoires incroyables d'une jeune fille aupair à Sydney. Photos, récits et anecdotes ! Je vous fais découvrir la vie quotidienne en Australie et les aventures à tenter (ou pas). G'day ! ;)
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16 décembre 2012

Tout vite

Tout va bien, tout va très bien ! Bon, j’aurais pu me passer de mes deux visites chez le médecin en moins de deux semaines, mais autrement : je profite à mon rythme et il vaut mieux profiter vite car dans moins de deux mois, je serai back home !

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De nouvelles qualités

A la Chocolateria San Churro, je me suis découverte bonne waitress : lors de mon premier service, la manager m’a félicitée et dit que j’étais douée on the floor. Ça m’a rendue fière parce que c’était la première fois que je jouais les serveuses - et c’est le moment où je reconnais que oui, j’ai un peu triché dans mon CV : j‘ai écrit que j‘avais un an d‘expérience dans le service et la restauration. Ce que je n‘ai pas, certes mais whatever, ça ne m‘empêche pas d‘assurer ! Je fais rire les clients, je parle de mes origines parce qu’on me demande d’où je tiens mon accent, je grignote à peine (juste des petits pretzels enrobés de chocolat, des morceaux de nougats et parfois des truffes que le barista m’offre en me demandant d’accepter un rencart avec lui en échange) et à part quelques verres par-ci, par-là, je ne casse pas grand chose. On applaudit ? On applaudit. Je tente de trouver un autre job à temps partiel à côté du restaurant, parce que je n’ai pas énormément d’heures non plus et que j’ai besoin d’une plus grande rentrée d’argent. Pour le moment, ça n’a rien donné, mais je ne désespère pas !

De nouvelles idées

Je ne sais pas ce qu’il s‘est passé, mais grâce à mon job à San Churro, j‘ai eu une révélation : je veux ouvrir mon propre restaurant de chocolat ! Voilà, c’est dit. Je suis amoureuse de mon travail alors que je ne fais « que » les desserts et le service. Imaginez si j’étais la patronne ! Je ferais ma propre décoration, ma propre carte, mes comptes et mes commandes : je serais au paradis. Je pense donc qu’à mon retour en France, je me dirigerai soit vers une école de cuisine pour faire un Bachelor Manager (à 6 500 euros l‘année, je vais bien réfléchir), soit vers le classique BTS Hôtellerie- Restauration, au moins pour avoir les bases. Le reste sera de l’expérience à acquérir, du concept, de la persévérance, de la persuasion et des prêts en banque… Mais je crois que j’ai enfin trouvé ce que je veux faire de ma vie et ça me rend plus sereine !

 

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De nouvelles saveurs

Cuisiner n’a jamais été autant un plaisir. Je ne me savais pas cordon bleu du tout et depuis mon arrivée en Australie, je teste et personnalise de nombreuses recettes. Mais quand je parle de nouvelles saveurs, je veux surtout dire que bordel... j'aime les légumes ! Que m'est-il arrivée ? J'aime le chou-fleur, les courgettes, les oignons, la salade, le chou et les poireaux : what the fuck ? Mes virées à Coles ne se passent plus qu’aux rayons des produits frais. Fruits, légumes, yaourts, viandes et poissons... Évidemment, mon péché mignon reste le chocolat. Je prévois de refaire mon brownie au caramel tout bientôt et il y a toujours une tablette de chocolat dans mon placard. Mais il n’empêche que depuis que je suis à Brisbane, j’ai perdu trois nouveaux kilos. Certes, c’est parce que je mange équilibré, mais c’est aussi parce qu’au boulot, je n’ai pas le temps de m’asseoir et que quand je ne bosse pas, je vais faire mon jogging habituel. C’est donc officiel : adieu les 12 kilos que j’avais pris en essayant d’arrêter de fumer au mois de Décembre dernier ! Je refais le poids que je faisais à Sainte-Maxime. Bim !

 

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De nouvelles rencontres

C’est en flânant au bord de la piscine lors d’un vendredi bien ensoleillée que je me suis rendue compte de l’arrivée de trois nouveaux français au backpack (en même temps, quand on écoute du Sexion d’Assaut, c’est rare qu’on vienne du Brésil). Vous êtes d’où ? De Haute-Savoie ? Chamonix ? Alors là… Je n’aurais pas pu trouver mieux pour parler raclette, fondue, Mont d’Or, saucisson, jambon et pommes de terre !

 

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Ont commencés les apéros et parties de cartes - dont ce bon vieux Barbu qui me rappelle tant la maison - ainsi que les achats de pancakes, de Nutella et de steaks de kangourous. Nous nous sommes aussi promenés au Jardin Botanique, au centre-ville et à South Bank. Et nous avons partagés pas mal de repas ensemble, dont un restaurant italien près de la rivière, pas trop cher et plutôt bon; une crémaillère arrosée de cacahouètes (pour moi), de bière (pour eux) et de poulet à la limite du cru (pour tous); un barbecue dans le parc à la tombée de la nuit et même un dîner au French Martini, le restaurant français où travaille Emilie. Là, je dois vraiment vous dire ce que j’ai mangé : du camembert rôti au four avec des mouillettes de pain et de la salade de chèvre chaud… Oh. My. God. C’était tellement bon ! Il y avait aussi des moules marinières, de la salade niçoise, des coquilles Saint-Jacques, du filet de bœuf, du canard à l’orange, du porc en croûte, de bonnes bouteilles de vin et même un plateau de fromage proposés au menu, mais ce fut un non catégorique de la part de mon porte-monnaie. Heureusement, Emilie a pu m’obtenir un cocktail gratuit - sur la carte, le verre était à 18 dollars ! Thank you Darling J Nous sommes allés manger un dessert ensuite… Devinez où ? A la Chocolateria San Churro, bien sûr ! J’ai pu tester le Strawberry Bizcocho (qui est en réalité une bonne part de brownie plongé dans un verre de crème de vanille, entouré de fraises et recouvert de chocolat fondu) ainsi que le Hot & Cold (une boule de glace à la vanille dans un mug de Classic Spanish, chocolat chaud espagnol)… Oh. My. God. bis. C’était définitivement le meilleur repas que j’ai fait à Brisbane !

 

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De nouvelles aventures

Lucas et Guillaume avaient besoin d’une coupe de cheveux. Moi, je me suis dit que ça ne devait pas être aussi difficile que ça… Alors pour la première fois de ma vie et le temps d‘une après-midi, j’ai été coiffeuse : peigne et ciseaux en mains, je me suis amusée comme une petite folle ! Mais attention, j’ai fait du bon boulot : pas de trous, pas d’asymétrie, pas de grosses mèches qui pendent sur le côté ou quoi. On aurait presque dit que je savais ce que je faisais ! Pour me remercier, Lucas m’a même acheté un Kinder Surprise… Et bah rigolez si vous voulez. Personnellement j’étais aux anges ! Je l’étais moins après avoir pris une amende, un jour où je me promenais au centre-ville avec Emilie… Le saviez-vous ? Traverser alors que le petit bonhomme est rouge peut vous coûter 44 dollars. Hmmm joyeux Noël, monsieur le policier !

 

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De nouveaux colocataires

Une ou deux semaines après avoir trouvé du travail, je me suis lancée dans la recherche d’une chambre à louer : l’auberge de jeunesse est vraiment super, mais à 182 dollars la semaine, ça commence à faire un peu juste. Et bah les gars… J’ai visité de ces trucs ! Sérieusement, certains appartements ne devraient même pas être proposés à l’immobilier. Genre bien dégueu’ et totalement invivables ! J’ai même failli dire oui à une maison toute sympathique, mais qui avait un serpent dans la cuisine. Dans une cage, rassurez-vous, mais enfin dans la cuisine ! Beurk. No way. Non mais vous êtes malades ?!

Je démoralisais dans mon coin et c’est à ce moment-là qu’Emilie m’a proposé une colocation avec elle et deux couples étrangers. L’appartement est situé à 10 minutes de mon lieu de travail, c’est-à-dire à 10 minutes de South Bank et à 20 minutes du centre-ville. Il est partagé en trois étages et la décoration est géniale : il y a des écrans plats dans toutes les chambres, la cuisine américaine semble sortir tout droit des pages d’un magazine, la douche est tellement grande qu’on pourrait y rentrer à trois ou quatre et il y a même une terrasse avec barbecue ! Scott et Lauren sont écossais, Karli et James viennent du Canada… ça fait deux accents complètement différents et beaucoup d’efforts pour ne pas les faire répéter trois fois de suite !

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Noel

Noël approche, je pense très fort à vous. Il va m'en falloir, du chocolat, pour combler votre absence ! D'où cette photo, pour vous montrer que je me prépare déjà... Il fait peut-être 37 degrés dehors, on ne peut pas m'empêcher de craquer : crise de foie, cette année, je ne te louperai pas ;-)

 

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15 novembre 2012

La patience, c'est comme le chocolat : on n'en a jamais assez

Badaboum ! ça fait deux semaines que je suis à Brisbane. Température : mille degrés. Jours de pluie : trois (ou quatre, peut-être). Boutons de moustiques et/ou de puces : une grosse centaine. Lessives à la main : deux. Pommes croquées : vingt-trois. Tablettes de chocolat : quatre.  CV imprimés : trente-six. CV distribués : vingt-sept. Nouveau job sur Grey Street : un !

La semaine dernière - dans la nuit de mercredi à jeudi - j'ai été insomniaque. Mais genre... je n'ai vraiment pas dormi de la nuit ! Pas une seule heure, pas une seule minute, nada. C'était la première fois que ça m'arrivait et franchement, j'espère que c'était la dernière. J'étais tellement stressée de ne pas avoir de job (et donc de revenus) qu'à quatre heures du matin, plutôt que de soupirer en regardant le plafond, je me suis décidée à allumer mon ordinateur et à retaper mes CV bien correctement. Attention, ça ne rigole plus. Je veux trouver un putain de boulot. Je vais trouver un putain de boulot !

Trois cafés bien serrés (beurk) et quatre heures plus tard, je suis sur le chemin de la papeterie pour imprimer le tout. Je suis motivée, au taquet - peut-être un poil trop excitée par la caféine, je le reconnais - mais who cares ? Après un rapide tour en centre-ville, je me dirige vers Southbank : c'est là qu'il y a le plus de cafés, de snacks et de restaurants. En fait, il n'y a même que ça. Des cafés, des snacks et des restaurants comme s'il en pleuvait ! Tout naturellement, mon instinct me guide vers l'enseigne d'un restaurant de churros et de desserts chocolatés : la Chocolateria San Churro. Hmmm, je pense en me léchant les babines, je pourrais m'accorder une petite pause gourmande pour me donner du courage et me remonter le moral, non ? Après tout, je n'ai pas dormi de la nuit. Ouais, ouais je sais : je suis là pour trouver du boulot, pas pour bouffer du chocolat. Bon d'accord, j'ajoute intérieurement en jetant un oeil au personnel en uniforme, je vais leur filer mon CV. Mais sincèrement, ça m'étonnerait que je puisse me faire embaucher par une enseigne aussi réputée.

 

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Comme souvent, j'ai parlé trop vite. Pour le coup, j'ai parlé tellement " trop vite " que j'ai à peine le temps de réaliser ce qui se passe : je demande au comptoir si la boutique cherche à embaucher de nouvelles têtes, on me répond que non. Bon. Mais le manager est là, alors est-ce que je veux lui parler ? Euh oui... Pourquoi pas, maintenant que j'y suis. Le manager m'invite à m'asseoir en face de lui. Il lit mon CV puis me demande si je sais faire des desserts au chocolat. J'ai envie de lui dire : mon coco, les desserts et le chocolat, c'est toute ma vie ! Il relit mon CV et me demande où j'habite. Petrie Terrace, Aussie Way Hostel. Il lit mon CV une nouvelle fois avant de me demander si je suis dispo dans l'après-midi, à quatre heures. Alors là, aucun problème ! Je peux même commencer il y a une demi-heure, si tu veux. Le manager se lève et revient avec un contrat. Voilà : j'ai un job !

J'ai passé mon premier night shift à préparer les commandes de desserts : six heures de fruits, de chocolat fondu, de boules de glace, de crème chantilly, de pretzels, de marshmallows et de brownies. Six heures de pure éclate. J'avais l'impression d'être comme un poisson dans l'eau. Chocolat, chocolat et chocolat ! Je me suis d'ailleurs rendue compte que, contrairement à ce que je pensais, je n'avais pas besoin d'en manger pour être comblée : rien que de le sentir, le regarder, le touiller, le faire couler, le saupoudrer de noisettes ou le recouvrir de sparkles m'apaise l'esprit. Je suis faite pour ce job ! Pour les petits gourmands qui veulent un aperçu du paradis, voici le site internet du restaurant : http://www.sanchurro.com/menu-retail. Rendez-vous rubriques Desserts, Taste Plates et Ice-Cream.

 

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Churros

 

A côté de ça, la vie au backpackers se passe très bien. Je m'endurcis en faisant mes lessives à la main et en montant dans mon lit superposé tous les soirs. Oh que c'est dur ! Il paraît que je ronfle comme un mec, mais personnellement, je n'entends rien. Ce week-end, mes talents de cuisinière ont été reconnus par trois irlandais plutôt drôles, malgré leur accent presque impossible à déchiffrer : en échange de mon poulet à la moutarde, de mes gnocchis au fromage et de mes verrines cookies / chocolat noir / vanilla custard / Kingstons / crème chantilly (dessert méga simple qui n'en reste pas moins une tuerie de la mort), j'ai eu droit à un petit-déjeuner typique Irish. Alors attention, autant ne pas manger la veille parce que ça envoie du pâté : saucisses, galettes de pommes de terre avec du fromage fondu, haricots à la tomate, maxi toasts avec bacon et oeufs sur le plat. Roh les gars ! C'était lourd mais qu'est-ce que c'était bon ! Mercredi, Juliane est partie de la chambre. Elle va me manquer : elle avait 31 ans et une gueule plus grande que la mienne, mais on avait bien accroché toutes les deux et on parlait de tout et de rien - surtout de mecs, ce qui rendait nos discussions très colorées !  Emilie prévoit de se trouver un appartement, Josh est parti en même temps que Juliane, Bary et Ciaran (deux des irlandais) déménagent dans une sharehouse demain. Comme je le disais dans l'article précédent, ce n'est pas évident de se rapprocher des gens pour les voir quitter le backpack ensuite. On échange nos numéros et on se promet de garder de contact, mais c'est l'Australie : tout le monde voyage et personne ne sait vraiment où il sera dans une semaine. Alors on tente de profiter au jour le jour !

 

Et Brisbane alors, ça ressemble à quoi ? De l'extérieur, ça ressemble à ça :

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Je suis allée dans le centre-ville plusieurs fois, mais je n'ai jamais eu l'occasion de faire des photos. Ce sera donc pour plus tard ! Mais grosso modo, c'est comme toutes les grandes villes : du béton, des immeubles, des cafés, des magasins et quelques monuments historiques - quoiqu'en Australie, on n'utilise pas vraiment ce terme. Le quartier le plus intéressant de Brisbane et qui est en réalité de l'autre côté de la Brisbane River, c'est-à-dire hors de la ville, se nomme Southbank (là où il y a tous les cafés, snacks et restaurants).

 

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C'est par là que je vais courir quand je ne travaille pas le soir : tout est illuminé et frais, reposant et exaltant à la fois. The Big Wheel est éclairée de rouge ou de bleu, je suis même presque sûre de l'avoir vue violette un jour (ou alors c'est mon imagination qui me joue des tours, ce qui ne serait pas étonnant). Voilà, mon estomac est actuellement en train de crier famine - et ce n'est pas mon imagination, j'en suis sûre ! - c'est donc l'heure pour moi d'aller préparer ma petite salade du midi, avant de revêtir mon uniforme San Churro et d'aller bosser de 16 à 22 heures. A très vite !

 

 

7 novembre 2012

En direct de Brisbane City

Après quatorze heures de train - dont onze passées à essayer de dormir (je dis bien essayer) - je suis arrivée à la gare de Roma Street à 5:30 am Jeudi dernier. J'étais crevée et beaucoup trop chargée, mais j'étais arrivée ! J'ai dû attendre pendant 5 heures devant le backpackers pour que ma chambre se libère et que je puisse m'installer. Ce que j'ai fait en attendant ? Manger des barres de céréales et somnoler. Typiquement moi !

Le Backpack

C'est une petite auberge sympa, au calme et juste à côté du centre-ville. Le staff est accueillant et les gens sont tranquilles - ce sont surtout des jeunes comme moi qui recherchent du boulot ou qui passent par Brisbane avant d'aller autre part. Les plus chanceux ont déjà un emploi et restent au backpack pour se loger (ce que je pense faire, si quelqu'un veut bien m'embaucher un jour). C'est facile de faire connaissance et discuter, même si c'est moins évident de voir que la plupart des gens ne restent pas longtemps. J'ai déjà dû dire au revoir à deux Allemands que j'ai trouvés vraiment sympas... et ça m'a fait chier ! Nous sommes quatre filles dans la même chambre : deux françaises et deux allemandes. La cohabitation se passe bien, bien que ce ne soit pas génial de ne pas pouvoir s'installer. Toutes les affaires sont dans les valises et les sacs et quand on cherche un truc, on a intérêt à savoir où c'est ! Le frigo est un peu petit, alors heureusement que je ne fais pas de grosses courses. Autrement je dors super bien - dans un lit superposé, certes, mais le matelas est moelleux pile ce qu'il faut ! Et heureusement qu'il y a la climatisation dans les chambres, parce que bordel, je ne vous dis pas la chaleur qu'il fait dans le Nord-Est de l'Australie...

Brisbane 

C'est charmant... Mais je viens tout juste de quitter Sydney, alors je suppose que je suis encore trop nostalgique pour être objective et arrêter de comparer les deux villes. Et puis, il faut dire que je n'ai pas vraiment visité : à part marcher dans le centre-ville et Southbank pour donner des CV et repérer les panneaux " Staff Required " et " Casuals Wanted ", je n'ai encore rien fait... Ah si, une petite virée en ferry Lundi soir, avec Emilie et les deux Allemands : on a vu la nuit tomber sur Brisbane River et la City s'illuminer, c'était vachement joli ! Et quand je vais courir vers 6 pm, je traverse le pont de Grey Street et je longe la berge de Southbank, ce qui me donne une vue très sympathique, bien meilleure que celle que j'avais quand j'allais courir à Lindfield ! Brisbane n'a pas d'Opéra ou de Harbour Bridge, mais elle a une grande roue et une " fausse plage ", qu'il faudrait que je prenne en photo. D'une façon générale, ç'a l'air d'être une ville qui a meilleur aspect de nuit que de jour !

La recherche de taff

OMG, je n'arrête pas ! Dès mon arrivée Jeudi, j'ai parcouru la ville avec mes CV dans le sac pour les filer là où on acceptait de les prendre. Rebelote le vendredi. Puis j'ai acheté une connexion Internet et je me suis mise à chercher en ligne aussi. Je postule dans des cafés, des restaurants, des boutiques de fringues, des magasins de souvenirs et des fast-foods. Je réponds à des annonces de ménage et de repassage. Je veux un job, donnez-moi du boulot !! AAAAARGH !

Mes dernières photos à Sydney

( même si je sais que j'y retournerai... Déjà pour récupérer les affaires que j'ai laissé à Virginie, la nouvelle jeune fille aupair de la famille, et pour prendre mon avion, of course )

 

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Voilà pour les news  ! Allez, je ne désespère pas. Je suis une winneuse, je suis une Gamblin et je suis on fire ! ;) Je vous fais des gros bisous et dès que j'ai des photos de Brisbane, je les mettrai en ligne. A très vite !

  

31 octobre 2012

Taronga Zoo

Dimanche : joli temps, température appréciable. Que faire ? Tiens, un ticket pour le zoo de Taronga que j'avais acheté en Mars dernier ! Je n'ai jamais eu l'occasion de l'utiliser, aujourd'hui je dis banco. Je monte à bord du Jet Express au pont numéro 6 de Circular Quay et en moins d'un quart d'heure, j'arrive en bas du zoo. En bas, oui : il faut prendre le téléphérique pour monter jusqu'à l'entrée, le but de la visite étant de tout redescendre à pieds - certains font l'inverse, mais j'appelle ça se compliquer la tâche. L'aller-retour en ferry et le ticket du zoo m'ont coûté 50 dollars, alors j'attends d'être épatée !... Au bout de dix minutes, hélas, je dois me rendre à l'évidence : non, je ne le serai pas. Quand j'étais petite, je trouvais ça vraiment amusant de voir tous ces animaux sauvages. Désormais, ça me file le bourdon. Ils s'emmerdent, tournent en rond ou dorment, et dépriment à mort... Les pauvres ! Je les regarde à travers les barreaux et je les plains.

 

Deux giraffes étouffent leur peine avec de la paille.

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Le chimpanzé, lui, me regarde d'un air d'autoroute.

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D'autres s'occupent comme ils peuvent...

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Avec une petite vue sur le Harbour Bridge au passage (faut bien trouver un point positif)

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L'éléphant se gratouille d'avant en arrière...

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Tandis que les cousins de Timon apprennent à devenir des hommes !

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Yo man, what it is ?

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Nala est triste, l'amour ne brille plus sous les étoiles...

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Ah si, voilà Simba !

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Ce n'est plus " Je voudrais déjà être roi " mais " Je voudrais me barrer de là "

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Le temps passe plus vite avec une petite salutation au soleil !

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Pour moi, il passera plus vite avec un spectacle d'otaries

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Je n'en savais rien mais c'est maintenant chose faite : ces bêtes-là sont très intelligentes. Elles retiennent des tours et les appliquent en reconnaissant un simple mouvement de doigts. C'est vraiment fort ! J'ai eu l'impression d'être une gamine au parc Astérix : et ça plonge, et ça saute, et ça jongle, et ça dit non de la tête, et ça fait au revoir de la nageoire. Et puis la réalité est revenue me frapper... Ces otaries devraient être dans l'océan, nom d'un chien ! Pas dans une piscine, en train de jouer avec un ballon !

Je dis ça, mais j'assiste ensuite à un spectacle d'oiseaux... Bref, je suis désolée. Je manque de temps pour terminer cet article en bonne et due forme. Du coup, vous ne verrez pas non plus mes superbes photos des différentes plages de la côte Est, que j'ai pu voir en faisant la promenade de Bondi Beach à Coogee Beach. C'était vraiment  d'une beauté incroyable ! Mais voilà, il est 9 heures du matin et je prends mon train à 16 heures. Direction Brisbane, de façon très à l'arrache : j'ai booké une auberge de jeunesse pour deux semaines et imprimé des CV ces trois derniers jours avant de partir. Ma réserve d'argent me donne la possibilité d'y rester quatre semaines, mais si je n'ai pas trouvé de boulot d'ici là, il va falloir revenir sur Sydney et décaler mon vol pour rentrer plus tôt en France... J'espère vraiment que ma détermination et ma débrouillardise vont payer ! C'est le moment de prouver que je peux m'en sortir toute seule.

Je ne sais pas du tout quand j'aurai accès à une connexion Internet de nouveau, alors je vous fais des gros bisous à tous. Et promis : dès que j'ai l'occasion de poster un petit mot sur le blog, je le ferai. Souhaitez-moi d'avoir une chance insolente !

 

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( See you, Sydney ! Take care... )

 

 

20 octobre 2012

On croisera peut-être la Castafiore ?

Et allez, c'est reparti. Encore cet opéra de malheur ! Elle nous gonfle, bon sang. On sait que c'est le monument de Sydney, l'une des sept merveilles du monde, et patati et patata... Mais là, c'est vu, revu et re-revu (une expression que mon père utilise souvent, particulièrement quand ma mère et moi décidons de regarder Les Bronzés font du Ski ou que Valentin, Kylliann et moi mettons le dvd de La 7ème Compagnie).

Non ! je vous réponds si jamais vous avez pensé cela. Vu, peut-être. Revu, j'admets. Mais re-revu, c'est faux ! Par exemple : êtes-vous déjà allés à l'intérieur ? C'est bien ce que je pensais. Voilà où je vous emmène aujourd'hui, les amis : dans le ventre du plus célèbre opéra du monde. Nous en apprendrons un peu plus sur son élaboration et sa construction (qui n'ont pas été de tout repos) et passerons même par la salle des concerts. Mais avant d'entrer, veuillez jeter un oeil au panorama alentour s'il vous plaît...

 

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Raaaaah ça me vend du rêve. Et dire que j'étais loin de m'imaginer qu'un jour, je viendrai ici ! Désormais, je n'arrive pas à imaginer que je vais bientôt quitter cet endroit. La vie est tellement bizarre, quand on y pense... Anyway, ce qu'il faut savoir à propos de Circular Quay, c'est que son nom d'origine était Bennelong Point - Bennelong ayant été l'un des chefs aborigènes de la tribue qui vivait sur la crique. A la fin des années 40, on décida que quelque chose de monumental devait être bâti sur le sol australien. Circular Quay fut choisi pour son emplacement idéal : une péninsule au coeur de la ville, un endroit parfait.

 

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( saviez-vous que l'Opera House n'est pas blanc mais beige ? Autrement, il aurait été impossible de le regarder )

 

En 1955, une compétition internationale de design fut lancée par le gouvernement. Il fallait trouver le bon architecte pour dessiner le nouvel opéra du siècle. La tâche s'annonçait herculéenne ! Jorn Utzon fut séléctionné pour ses croquis audacieux : des formes aériennes et toutes en courbes, un design élégant et pourtant imposant, des choix de matériaux simples - bois et béton bruts. Mais les ingénieurs doutent du projet. Comment faire tenir ces coquilles ensemble ? Combien de temps cela va prendre ? Quant au coût... N'en parlons pas !

 

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( la magnifique et somptueuse salle des concerts. Truc de n'ouuuuuuf )

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Les travaux démarrent en 1959. Notre guide nous parle d'une durée de trois ans et d'une somme de plus de 7 millions de dollars. Puis elle nous précise que ce ne sont pas les vrais chiffres, que c'est en réalité une centaine de millions de dollars qui a été dépensée et qu'il a fallu bien plus de trois ans pour construire l'Opera House. Bon du coup, il n'y a qu'à dire que c'était chaud cacao et que ce n'était pas la joie à Circular Quay ! Au milieu de la construction, on ne sait plus où ça va : le sol est consolidé, mais l'Opera House verra-t-il vraiment le jour ? Jorn Utzon n'en saura rien, une brouille avec le gouvernement le fera s'exiler dans son pays d'origine, le Danemark. Il sera ré-invité à prendre part au projet un peu plus tard, mais ne verra jamais son chef d'oeuvre en chair et en os : il restera au Danemark jusqu'à sa mort en 2008, ratant la grande inauguration de 1973.

 

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Voilà (à peu près) ce que j'ai retenu de cette heure passée au sein de l'emblème de Sydney. Ça valait bien 35 dollars, au moins juste pour dire : " ouaiiiiis, j'ai été à l'intérieur " ! Mais je pense que la meilleure façon d'en profiter, c'est d'y voir une pièce de théâtre ou une comédie musicale. Encore que - selon moi - la plus belle vue de l'opéra, c'est bien sûr celle qu'on en a de l'extérieur... C'est pourquoi je continue sur ma lancée en rejoignant les Royal Botanic Gardens à la fin de la visite. J'y suis déjà allée, je sais. Mais pas de ce côté ! En plus, le soleil pète la forme et nous offre son plus beau profil : un temps à prendre des photos inoubliables.

 

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( ohé ! youhouuuuu coucou ! )

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Hmmm... T'as de beaux quais, tu sais ? )

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( oui oui, on est toujours à Sydney )

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Au bout d'une bonne petite heure de marche, j'atteris devant la St Mary's Cathedral. J'étais déjà passée devant une fois et aujourd'hui, j'ai décidé d'y entrer. Photos interdites, of course, mais alors c'est d'une magnificence et d'une beauté incroyables là-dedans ! Loin d'être une pro de l'architecture, je peux néanmoins vous assurer que celle de la cathédrale est colossale, élégante, toute en finesse et en lumières. Les sols sont tellement lustrés que je manque de glisser deux fois (avec un petit regard à gauche et à droite pour voir si quelqu'un a remarqué quelque chose). Je suis sur le cul, certes, mais je préfère que ça reste une expression.

 

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Je termine ma journée en faisant un petit détour par Darling Harbour - le repère de mes week-ends - afin d'y goûter un nouveau yahourt aux berries. Bah quoi ? Ils sont vraiment trop bons, je n'y peux rien : je suis accro !! Ce petit détour me donne l'occasion de refaire des photos de nuit... Et forcément, comme avec le Harbour Bridge de la dernière fois, c'est plaisir des yeux.

 

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( Cockle Bay Wharf )

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( King Street Wharf, rue du Cargo Bar et du Bungalow 8 )

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( sur le Pyrmont Bridge )

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( rien à voir avec Darling Harbour, mais on parlait de plaisir des yeux - et si ça, ce n'en est pas un, je ne m'appelle plus Gamblin ! Bien sûr, je ne garantis pas le sans colorants parce que je passerais vraiment pour une menteuse. Mais je vous promets que c'est du cent pour cent Meli. De ? Comment ? Combien j'en ai mangé, dites-vous ? Hmmm joker !! )

 

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18 octobre 2012

Tournons la page !

C'est à prendre au sens propre du terme, bien évidemment. C'est parce que je lis beaucoup en ce moment : en sept mois, j'ai dû lire plus d'une vingtaine de bouquins, en passant par la saga Twilight (faute avouée, à moitié pardonnée), trois livres de Sophie Kinsella, toutes les histoires de Patricia Briggs, mon roman favori de Lauren Weisberger, ainsi que le dernier Isabel Wolff. Et je ne compte pas toutes les bandes dessinées d'Astérix (en anglais, oui oui) dont je suis la grande fan. Je viens tout juste de commencer If You Could See Me Now de Cecilia Ahen et je suis déjà impatiente de passer à Sex and the City de Candace Bushnell. Non, je n'ai rien payé : j'emprunte à la bibliothèque de Lindfield. Smart, isn't it ? D'accord, je rectifie : j'ai quand même réussi à m'acheter huit nouveaux bouquins depuis que je suis là. Vingt dollars chacun et cinq kilos de plus pour la pesée à l'aéroport, je vous laisse faire le calcul du montant total que ma passion m'aura coûté...

Bref, je ne parle pas de littérature sans raison. Au contraire, je vous emmène au Chinese Garden of Friendship, cadre idéal pour potasser autre chose que de la chick-lit. Et bien oui ! mes chers, c'est avec Hamlet que je pars visiter le jardin asiatique de Darling Harbour. Shakespeare coule dans mes veines, je me sens l'âme d'une fille cultivée qui ne se laisse pas impressionner par des " 'Tis told me he hath very oft of late " ou des " So art thou to revenge, when thou shalt hear ". Que nenni. 

Il faut dépenser six dollars pour entrer dans le cadeau que les habitants de la région de Guangdong ont fait aux habitants de NSW comme preuve d'amitié. Sur le prospectus donné au guichet, il est écrit que le jardin est gouverné par les principes du Yin et du Yang et les cinq éléments - la terre, le feu, l'eau, le métal et le bois. L'entrée est gardée par des lions chinois qui représentent la loyauté, la force et la prospérité. Ça promet !

 

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( Round Pavilion )

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( The Gurr or Clear View Pavilion )

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( Lake of Brightness )

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Après un premier petit tour, il parait évident que je ne suis pas très sensible au Yin et au Yang... Ni aux cinq éléments, d'ailleurs. J'ai bien vu la terre (il m'arrive d'avoir les pieds dessus), ainsi que l'eau (comment la louper, il y a deux grands étangs en plein milieu du jardin) et le bois (puisque les troncs d'arbres en sont faits). Mais je cherche encore le feu et le métal... Mon imagination me dit que ça doit être un truc en rapport avec les pavillons, du genre : " ils ont utilisé du feu pour faire fondre le métal et PAF ! ç'a fait - non pas des chocapics - mais des pavillons ! "

Le cadre est sympathique... Chaque endroit a un nom spécifique, comme le couloir de la longévité, la tour du dragon ou les sept sages dans la forêt de bambou. On voit que ç'a été recherché mais justement, ça en vient à manquer de naturel. On peut voir les buildings de la ville et entendre le bruit des voitures filtrer la musique d'ambiance. Tu parles d'un " fluid and nurturing environment ", toi.

 

 

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( Lenient Jade Pavilion and Lotus Pond )


Bon je dois quand même l'avouer : c'est mignon. Alors je m'asseois à l'ombre d'un pavillon et me plonge dans ma lecture Shakespearienne. Blablabla... Hamlet se parle à lui-même... Blablabla... Les autres parlent de lui dans son dos... Blablabla... Y'a jamais d'action dans ce bouquin ? Je referme mon livre, lance un dernier regard aux poissons du Lake of Brigtness et sors du Chinese Garden pour aller à la food court du m'acheter un bon gros yahourt au crumble et à la noix de coco. Au moins, y'a de l'action dans mon estomac maintenant !

Petite précision sur le yahourt : quelques enseignes telles que Top Juice et Boost - spécialisées dans les salades de fruits, les jus frais et les smoothies - proposent des yahourts succulents servis à la louche. Accompagnés de morceaux de bananes et coulis de passion, de muesli, de pistaches écrasées, de fraises ou de fruits des bois, ils sont tous simplement à tomber par terre ! Mes deux préférés sont celui au crumble de pommes et celui aux copeaux de noix de coco. Après avoir goûté un truc pareil, je ne suis pas sûre de remanger des pots industriels un jour...

Le lendemain, je décide que Shakespeare est trop ennuyeux pour moi. Je le laisse sur ma table de chevet en partant de la maison : je vais visiter le Museum of Contemporary Art avec Johana et je n'ai pas besoin de lui. Je n'y connais pas grand chose à l'art contemporain, mais ça m'amuse toujours - surtout quand c'est gratuit ! Que ce soit des pantoufles accrochées au mur, des bouteilles de vin peintes en noir et blanc ou une grosse boule posée au milieu d'une pièce, je trouve ça tellement intriguant que ça en devient intéressant. Dans mon esprit flotte la question fatidique et universelle : mais à quoi pensait l'artiste quand il a fait ça ?

 

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Le musée se parcourt rapidement (trois niveaux, si je me souviens bien) et la partie qui se révèle la plus intéressante, c'est le petit café en terrasse du dernier étage : de là-haut, la vue est splendide ! On voit presque tout Circular Quay et les cinq Wharf, les bâteaux qui passent devant l'Opera House et même un bout du Harbour Bridge. Au cas où quelqu'un aurait oublié dans quelle ville je suis...

 

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Que cette vue va me manquer ! En effet, j'ai peut-être parlé un peu trop vite au début de mon article. Le titre n'est pas seulement à prendre au sens propre du terme. Voilà, c'est officiel, définitif et irréversible : dans moins de deux semaines, je fais mes valises, quitte la famille et m'en vais vers une nouvelle aventure. Plus de baby-sitting, finie la jeune fille aupair ! Il est temps pour moi de voir autre chose. Où je vais ? Ce que je vais faire ? Si tout se passe comme prévu, nous partons dans le Queensland avec Johana faire du fruitpicking. Mais comme les plans ne sont pas encore déterminés à cent pour cent, on va dire que seul le destin sait réellement ce qui m'attend...

 

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15 octobre 2012

Traversée du Harbour Bridge de nuit

J'aurais pu en faire tout un flanc, écrire un gros paragraphe et rajouter des légendes... Mais pas de grands mots pour cette fois. Avec une telle vue, j'ai surtout eu le souffle coupé. I'm in love with Sydney...

 

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25 septembre 2012

Wallabies vs. All Blacks

Il était une fois une histoire qui commence mal... Très mal.

Non en fait, c'est simple : je suis censée travailler samedi soir, les parents ont un dîner entre amis et je dois garder les enfants. Oui mais voilà, j'apprends dans la semaine que les Wallabies vont jouer contre les All Blacks à Sydney, ce même samedi soir. À Sydney ! C'est-à-dire à une quarantaine de minutes de ma chambre ! Il n'y a pas de doute : c'est une occasion en or, un évènement qui ne se représentera plus jamais, le match rêvé. Je vais pouvoir admirer Sonny Bill Williams en chair et en os, hurler pendant le Haka, acheter un ballon de rugby à l'effegie des Wallabies, faire de superbes photos et...

Je suis con, je ne peux pas y assister puisque je bosse. Raaah fait chier ! Allez ce n'est pas grave. Ça ne doit pas être le seul match entre les deux équipes. Ils en rejoueront forcément un autre bientôt. Hélas, non : quand je regarde sur Internet, il est indiqué que la prochaine rencontre ne se fera pas avant Octobre et à Brisbane, en plus ! Bon. C'est vraiment pourri. Et tout ça à cause d'un dîner entre amis... Je me ronge les ongles pendant dix minutes, puis je décide d'y aller au culot. Dans la vie, on n'a jamais rien sans rien. Allô Françoise ? Pardon de te déranger au boulot, j'avais juste une petite question... Voilà, je sais que je bosse samedi soir, mais j'ai peut-être une chance d'aller voir Australie / Nouvelle-Zélande au stade de Sydney et je me demandais si... on pouvait éventuellement s'arranger ? Hmmm d'accord... Okay.

Ce n'est pas oui, mais ce n'est pas non. La lumière de l'espoir s'est allumée dans mes yeux et je croise tellement fort les doigts que j'en ai les jointures blanches. Le verdict tombe le lendemain matin, lorsque je suis en train de préparer les habituelles lunch boxes : ils ont réussi à décaler leur dîner, je peux assister au match. Youuuuuhouuuuuuuuu AAAAAAAH je vais aller voir les Wallabies et les All Blacks (re) AAAAAAAAH ! Merci c'est trop cooooooooool !

Du coup, un nouveau dilemme se présente : quelles places allons-nous prendre ? Nous hésitons entre les places silver à 89 dollars - mais on se retrouverait derrière les poteaux et ce ne serait pas la meilleure vue du monde - ou alors la section gold, sur le côté du terrain - mais dans ce cas, il faudrait sortir 159 dollars de notre poche. Crucial, n'est-ce pas ? Le fait que la rencontre soit entre deux des plus grandes équipes de rugby nous fait finalement choisir les places gold. Pour une occasion comme celle-là, autant en profiter un max !

La semaine suit tranquillement son cours...

Puis vendredi soir, Johana passe à la maison. Nous avons prévu une soirée petit-déj avec au menu : des tranches de pain grillé tartinées de crème de fromage et de crème de caviar, deux ou trois bols de Coco Pops croustillants et deux bons gros cupcakes au chocolat de la mort qui tue. Nous digérons devant un film et allons nous coucher, impatientes d'être au lendemain.

Quand nous nous réveillons, tadaaaaaaaam : ça y est, c'est le jour J ! Yihaaaaaaa ! Excitées comme des puces, nous déjeunons en débattant sur nos déguisements : je voudrais me dessiner des drapeaux français sur les joues et trouver un tissu bleu-blanc-rouge à secouer pendant le match. Johana me dit que non, j'aurais l'air bête, ce n'est pas la France qui joue ce soir. Elle veut faire moite-moite : une joue aux couleurs des All Blacks et l'autre tahitienne. Je lui rétorque que c'est bête aussi et que personnellement, je suis très fière d'être française (oui je sais, aucun rapport). Le débat sera clos lorsque nous arriverons à la gare de Central : nous n'avons trouvé aucun magasin proposant des kits de peinture ou des perruques pour l'occasion. Too bad...

A bord du train, l'ambiance à l'ovale commence à se faire sentir. Beaucoup de gens arborent les couleurs de l'Australie, comme ce petit garçon et son grand-père qui nous sourient sous leurs casquettes jaunes et vertes. Mais il y en a aussi qui se sont habillés en noir, à l'image de ce grand homme chauve qui porte une écharpe orné du symbole des All Blacks par-dessus sa veste de costard. A la sortie de la gare - arrêt Olympic Park - j'ai le coeur qui palpite...

 

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Oh la vaaaaaaache, c'est impressionnant ! La première chose que je vois, c'est le stade : magnifique, illuminé, gigantesque. Ensuite, je remarque qu'il y a du monde partout et des kilomètres de stands de hot dogs, de burgers et de kebabs - ça sent mauvais pour mon régime ! Il n'y a en revanche qu'un seul shop de marchandise officielle et une queue monstrueuse devant (tant pis pour le ballon de rugby des Wallabies ou l'écharpe des All Blacks. Ma patience a des limites)... On n'est même pas encore à l'intérieur du stade que je sens un frisson d'excitation me parcourir l'échine. Ça va être de la pure folie !

 

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Bon, peut-être pas tout de suite : quand nous pénétrons à l'intérieur, le stade est vide. Les seules personnes présentes sont quelques pauvres pékins qui - comme nous - sont arrivés trop tôt. C'est vrai qu'on aurait pu y penser : les portes ouvrent à six heures, certes, mais le match ne commence qu'à huit heures ! Nous avons donc deux heures à tuer devant nous... Nous commençons par quelques photos pour faire bonne figure, puis je me concentre sur mon rice pudding que je meurs d'envie de manger depuis toute à l'heure et qui me satisfait enfin les papilles, avant de descendre fumer une petite cigarette. En remontant, je regarde l'heure : quoi ? Seulement quarante minutes se sont écoulées ?

 

Meli

Meli et Jo

Meli et Jo 2

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Le stade se remplit peu à peu. Je ne saurais dire s'il y a plus de supporters des Wallabies ou des Blacks. Sur la rangée derrière nous, en tout cas, c'est bel et bien Néo-Zéalandais : vient d'arriver une bande de mecs habillés en noir, qui parlent et rigolent tellement fort que j'ai mal aux oreilles avant même le début de la rencontre. Ils ont des verres de bière à la main et Johana me dit : " je sens qu'on va s'en prendre pendant le match "... Meuuuuh non !

Une heure avant le coup d'envoi, quelques distractions sur le terrain nous aident à passer le temps : nous assistons d'abord à des matchs entre des enfants de différents clubs de rugby, puis à une démonstration de danse ainsi qu'à un chant de chorale. Quand - enfin ! - l'échauffement des deux équipes commence. La composition des Blacks défile sur les écrans géants et aux noms de Sonny Bill et Dan Carter, c'est un réflexe, je crie : wooooooaaaaaauuuuhoooouuuu ! Je ne suis pas la seule d'ailleurs, le stade entier les applaudit avec moi ! Quand c'est le tour des joueurs australiens, par contre, je me sens moins enthousiaste... Oui je l'avoue, je n'en connais aucun ! Je frappe poliment des mains mais avec beaucoup moins d'entrain que la plupart des spectateurs, qui sont complètement survoltés.

 

Chorale

( la chorale )

Wallabies

( entraînement des Wallabies )

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Au moment où les joueurs Néo-Zélandais reviennent sur le terrain en courant à la file indienne, c'est la débandade ! Je ne peux pas me retenir : je me lève et hurle avec les autres. Roh mais quelle ambiance, les amis, quelle ambiance ! C'est un truc de dingue, je n'ai jamais vécu ça ! Et dès que les Wallabies débarquent à leur tour, c'est tout simplement une apothéose. Et ça crie, et ça hurle, et ça secoue les drapeaux ! Les bras se lèvent, les sifflements retentissent, c'est tout un stade qui s'anime. Je sais, ça sonne comme un cliché... Mais c'est tellement vrai, je vous juuuuuure !

 

All Blacks

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Sous les cris et les encouragements du public, le drapeau géant de chaque équipe est déplié sur le terrain : c'est le moment d'écouter les hymnes nationaux. Je regrette de n'en connaître aucun. Tout le monde est debout et j'ai l'impression que peu importe la nationalité, les supporters chantent aussi bien Advance Australia Fair que God Defend New Zealand. Mon coeur à moi a envie de chanter La Marseillaise et je me dis que ça doit être vraiment incroyable de voir son propre pays jouer. Alors je décide qu'à mon retour en France, je ferai tout pour assister à un match des Bleus.

 

Drapeaux

 

Les hymnes se terminent sous un tonnerre d'applaudissements. Et si j'avais un doute quant à la suite des évènements, les Néo-Zélandais qui sont derrière nous me l'ôtent en hurlant à pleins poumons : " sorry guys but now fuck youuuu ! Fuck you Wallabies, bwaaaaaaah ! Fuck youuuuuuuu ! Yeaaaaaaaaah boys, fuuuuck them ! " Euh oui... C'est bien le Haka.

Je pensais que je hurlerais jusqu'à la mort, mais c'est tout le contraire : je retiens mon souffle. J'ai mon appareil photo tendu devant moi, les yeux grands ouverts et si j'avais les oreilles d'un chien, elles seraient relevées sur ma tête comme deux gros triangles poilus. On n'entend plus une mouche voler dans le stade. Ce qui est bizarre d'ailleurs, puisque le Haka vient de commencer... Les joueurs sont en position et font leurs gestes maoris, mais pourquoi ne chantent-ils pas en même temps ? Je ne percute qu'au bout de quelques secondes : ils n'ont pas de micros. Oh quelle déception ! Pour le coup, c'est vachement mieux à la télé !

 

Match

 

Le match est lancé et je suis avidement le ballon des yeux. J'avais peur de ne rien suivre car - il faut le dire - je ne suis pas une experte, mais finalement c'est quite easy. Et moi qui gueule après mon frère dès qu'il met du rugby à la maison, je me découvre finalement fan du stade : comment est-ce possible qu'un truc qui semble durer des heures à la télé me passionne autant une fois en direct ?

Durant la première mi-temps, les Aussies se font largement dominés par les Néo-Zélandais. A chaque essai ou pénalité, une musique entraînante ponctue l'action et des explosions de joie suivent. Pour les cinq premiers points des Blacks, je me suis levée avec les autres pour applaudir. Grosse erreur ! En me rasseyant, j'ai failli me casser la gueule. Et bah oui Melissa, ce sont des sièges rabattables, voyons ! Johana, elle, a vu sa prédiction se réaliser : une bonne rasade de bière lui est arrivée dans le dos. Je ne vous parle pas non plus de la pluie de postillons qui m'atterit sur les cheveux de façon trop régulière à mon goût. Et pour cause : les mecs de derrière semblent hors de contrôle... " Come on boys ! Let's DO iiiiiiit ! Yeeeaaah that's my boys ! All Blacks tututum All Blacks tututum All Blacks ! These are luuuuckyyy ! Haaaaaaa ! Come on push ! Come on BOYYYS !! " Et dans ma tête, ça fait un truc du genre : " Oh mais ta gueule, tu vois pas que tu me craches dessus ? " Hmmm les joies du sport !

À la mi-temps, persuadée que celle-ci dure au moins un quart d'heure, je prends bien le temps de fumer deux cigarettes et de bouffer deux gobelets de frites à cinq dollars chacun (je savais que mon régime allait être en danger... Mais damn c'est tellement bon ! Croustillantes et fondantes à la fois, bien chaudes et salées comme je les aime... En un mot : miam). C'est en remontant à ma place que je m'aperçois qu'en vérité, j'ai loupé dix minutes de match. Et mince, comment je pouvais savoir ? A la télé, ça dure au moins vingt minutes !

 

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( l'homme de ma vie )

 

Quelque part pendant la deuxième mi-temps, une holà fait le tour du stade. La première fois, c'est tout simplement monumental ! La deuxième, c'est mortel. La troisième, c'est vraiment d'enfer ! La quatrième, c'est génial ! La cinquième, c'est cool mais bon, on regarde quand le match ? La sixième, c'est fun... La septième, c'est la dernière. Faut pas abuser des bonnes choses ! Surtout que j'en vois certains qui en profitent pour jeter des gobelets vides et des paquets de chips en l'air... Oh les gars, qui va nettoyer après ?

L'issue du match est évidente : la victoire sera pour les Blacks. Beaucoup de supporters australiens quittent le stade avant le coup de sifflet final. La bande de derrière en profite pour en rajouter dans la provocation : " Look at theeeem, look at them ! That's a shaaaaame, man ! They're leaving already ! Shame on you, shaaaame on YOUUUU ! Bwaaaaaah ! "

Moi je réalise que je n'ai pratiquement rien pris du match en photo - shaaaaaame on YOUUUU - et que si le jeu avait duré une heure supplémentaire, ça ne m'aurait pas dérangé du tout - bwaaaaaah ! En fait, je suis tellement surexcitée que je ne veux pas quitter le stade. Je descends jusqu'en bas du terrain pour me rapprocher des joueurs. Et là, je le vois ! Sonny Bill Williams. Mais je... Mais oh ! Où il va ? Il ne... Ah non, merde ! Il ne va pas s'en aller comme ça, quand même !... Vite, poussez-vous ! Il faut que j'arrive près des barrières avant que... Non revieeeeeens ! Trop tard, mon futur mari est déjà hors de portée. Je tente de me consoler en cherchant Dan Carter à la place, mais lui aussi a déserté le stade. C'est quoi cette manie de partir plus vite que leurs ombres ? Ils viennent de gagner, ils pourraient au moins faire le tour du terrain en dansant, ou rester devant le public pour célébrer la victoire, ou se sauter dans les bras et rire comme des fous, ou que sais-je encore ? Tout ce qu'il me reste, c'est l'homme du match, Israel Dagg (en pleine interview donc inaccessible) et quelques joueurs des Wallabies (dont je ne connais ni les noms, ni la popularité).

 

Fin du match

Interview

( Israel Dagg et ses chaussures jaunes fluos )

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( Kurtley Beale )

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( Anthony Faingaa et son frangin )

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 ( la cinquième roue du carrosse)

 

Je dis la cinquième roue du carrosse, parce que ce que je voulais vraiment - genre vraiment de chez vraiment de tous les " vraiment " du monde - c'était un autographe d'un des Blacks. Mais ce gros nounours à la fibre capillaire très touffue et dont le doux prénom est Tatafu Polota-Nau, est passé juste devant moi et... et il portait le maillot jaune, quand même ! Le maillot des kangourous, le maillot des koalas, le maillot des crocodiles. Le maillot australien, quoi ! Alors j'ai attendu que nos yeux se croisent, j'ai fait mon plus beau sourire qui dit " pardon, je suis une pauvre petite chose toute gênée " et je lui ai tendu un bout de papier qu'il a signé en me demandant d'où je venais. From France ! que j'ai répondu toute fière.

Il m'a fallu une semaine pour me remettre de mes émotions et arrêter de me repasser le film du match. Le soir-même, nous sommes sorties au Scubar, où la rencontre était retransmise à la télévision. Je venais tout juste d'y assister mais pas grave : je l'ai regardée de nouveau. Et rien que de penser que bon sang ! il y a une heure de ça, j'étais dans les gradins, je me suis sentie toute émoustillée. C'est sûr, cet évènement fera partie de mon best-of Australia ! Go All Blacks !!

 

 

 

7 septembre 2012

Petite parenthèse pour Mémé

Pourquoi ne doit-on pas sortir avec un homme de petite taille

 

Petit homme, énorme ego.

 

Je me suis posée la question un jour, alors que j'étais en train de faire mon jogging quotidien. J'avais mes écouteurs dans les oreilles et je courais tranquillement au rythme de la musique. Je m'en souviens encore : c'était le moment de mon parcours où je passe devant une série de petits jardins clôturés et où la route devient presque verticale. J'étais concentrée et je ne m'y attendais pas : un petit caniche hargneux m'a fait sursauter en m'aboyant soudainement dessus.

Je n'aime pas qu'on me surprenne. Ça me fait monter le sang aux joues, mon coeur fait des pirouettes-cacahouètes et je mets des heures à m'en remettre. Alors sur l'instant, je me suis arrêtée, j'ai respiré trois secondes, puis j'ai repris ma course l'air de rien. Mais je n'avais plus autant d'entrain. Je me sentais ailleurs, moins dans l'action. Au lieu de penser à ma respiration et à mes mouvements de jambes, je marmonnais, je ronchonnais, je grinchais dans ma barbe. Pourquoi les petits chiens sont-ils ceux qui gueulent le plus ? Les chiens de taille moyenne et de grande taille aboient beaucoup moins souvent. Ils savent qu'ils sont imposants, qu'on les remarque et qu'ils n'ont pas besoin de montrer les crocs pour se faire respecter. Par exemple : le berger allemand de la rue d'à côté, lui, ne dit jamais rien quand je passe devant son portail. Et pourquoi ? Parce qu'il n'a pas besoin de le faire. Les petits chiens, eux, savent très bien qu'ils ne sont pas les plus forts : ils misent donc sur l'intimidation.

 

Une grande gueule pour un compenser un petit corps.

 

Une fois que l'on sait ça, tout s'éclaire. Pour les hommes, c'est pareil ! L'homme est censé être un mâle. Il est le membre viril du couple, celui qui porte la culotte. Il est la protection et la sécurité incarnées. A l'âge de pierres, c'est lui qui partait chasser parce qu'il était le plus grand et le plus fort. Au Moyen Âge, c'est lui qui partait en guerre parce qu'il était le plus costaud et le plus sanguinaire. Il n'y a encore pas si longtemps, c'est lui qui partait travailler parce qu'il était le pilier de la famille et le plus intelligent. Son rôle était de subvenir aux besoins de ses proches.

Mais les temps ont changé. Les femmes n'ont plus besoin qu'on les nourrisse, qu'on les aide, qu'on les couve et qu'on les soutienne. Elles peuvent s'en sortir toutes seules. Suite à ce retournement de situation, les hommes en ont pris pour leur grade. Non, ils ne sont plus les héros légendaires que leurs ancêtres ont été. Alors si par dessus le marché, ils sont plus petits que la moyenne, le peu de grandeur et de superbe qu'ils leur restait vole en éclats !

Gêné dans sa virilité, l'homme de petite taille se sent obligé de compenser son manque de centimètres avec une attitude désagréable. Il est aigri : et bien oui, tout le monde le prend de haut ! Il est macho : " non chérie, tu ne mets pas de talons ce soir, je ne veux pas avoir l'air ridicule ". Obsédé par son apparence : il est déjà petit, il ne va pas en plus être mal coiffé, mal rasé ou mal habillé. Prétentieux : afin de se donner plus de confiance, il trouve des défauts à tout le monde. Mais pire que tout : il est constamment en compétition avec les autres.

 

Plus c'est grand, mieux c'est.

 

Un homme de taille normale - ou plus grand que vous - n'a pas d'utilité à recourir à l'intimidation pour se faire voir, exactement comme un Rottweiler n'a pas besoin de grogner pour prouver qu'il est féroce. Il peut donc penser à autre chose qu'à avoir l'air d'un homme et se concentrer sur les choses simples de la vie. Il trouve vos talons forcément très féminins (au lieu d'instruments de torture) et aime que vous posiez votre tête sur son épaule (parce que vous avez pas besoin de vous baisser pour le faire). Et puis, avouons-le : après les avoir égalés dans tous les domaines, nous pouvons bien les laisser être les plus grands...

Vous n'êtes pas encore convaincues ? Que pensez-vous donc de Tom Cruise ? Nicolas Sarkozy ? Lord Farquaad dans Shrek ? CQFD.

 

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3 septembre 2012

Maman, les petits bateaux...

... qui vont sur l'eau ont-ils des jambes ? C'est ce que j'ai voulu découvrir en allant à l'Australian National Maritime Museum à Darling Harbour, sur le quai en face de l'Aquarium et du Wildlife - oui, Darling Harbour est un quartier très touristique. J'y suis allée sans ma mère, bien sûr, mais ce n'est qu'un petit détail. De toute façon, je connaissais déjà la réponse !

 

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La visite du musée, lequel est ouvert au public depuis 1991, commence par la réplique du navire de James Cook, alias le premier British qui accosta en Australie en 1770 : le HMB Endeavour. Rien que le nom envoie du pâté, hein ? Alors attention, ça ne rigolait pas au temps du Lieutenant Cook : 100 mètres de mât, 29 km de cordages et 929 m² de voiles. Une fois qu'on est dessus, on ne s'en rend pas trop compte. Ça semble tellement petit qu'on se demande comment plus de 94 hommes pouvaient bien tenir ensemble sur le bateau ! 

 

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Je déambule parmi les seaux, les cordes et les faux barils d'explosifs et je réalise alors qu'avec un bateau, mon enfance aurait été parfaite. Je me serais fait tellement de films ! Teeeeeerre en vue, mon capitaine, tout le monde à tribooooord ! J'aurais été une femme pirate, avec un couteau entre les dents et un bandana rouge sur le crâne. L'ennemi attaque, armez les canons, viiiiiite ! Hissez le drapeau noir ! À l'abordage et pas de quartier ! AAAAAAAH !

Bon, il y a un môme juste à côté de moi et il me regarde bizarrement...  Je vais peut-être me calmer. Je descends de l'Endeavour et continue mon exploration en montant à bord du destroyer HMAS Vampire. C'est un navire qu'on dit puissant et rapide et qui a servi dans la Royal Australian Navy de 1959 à 1986 - sans pour autant jamais être confronté à de réels combats. Un gros joujou de 119 mètres de long qui pèse plus de 3,880 tonnes ! Il a été construit à Cockatoo Island avec ses deux frères : Vendetta et Voyager, et avait pour habitude d'accueillir environ 270 hommes.

 

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( ce n'est pas le premier qu'on voit, mais le gros derrière, qui se confond avec les immeubles... )

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( l'infirmerie... qui ne donne surtout pas envie de se blesser )

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( les superbes placards de chambre )

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( oh mon Dieu, serait-ce le siège du capitaine ? )

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C'est charmant, j'aime bien la déco, mais non merci... Trop exigu pour moi ! Je quitte le Vampire pour le HMAS Onslow, qui a servi dans la RAV de 1969 à 1999 en tant que l'un des six sous-marins de l'Australian Submarine Squadron. D'après son panneau descriptif, l'Onslow - qui fait 89 mètres de long - avait une autonomie de plusieurs mois et pouvait rester sous l'eau plus de six semaines d'affilés (un peu comme moi, quoi). A son bord, une soixantaine de marins et huit officiers (non, pas comme moi, heureusement) ! Durant la Guerre Froide, il effectua beaucoup de patrouilles dans les océans Indien et Pacifique. Voilà pour la partie scientifique. 

En ce qui concerne la pratique... Et bien ce n'est pas de la tarte, de visiter un truc pareil ! Rien que pour passer l'entrée, il faut être souple : c'est un trou devant lequel il faut se retourner, puis mettre les pieds afin de descendre le long de l'échelle. Ç'a l'air simple, mais je me suis bien accrochée !  Ensuite, il ne vaut mieux pas être claustrophobe, encore moins obèse - mais comment il pouvait y avoir tout ce monde là-dedans ? c'est impossible de se coucher comme ça, on doit avoir le nez qui touche la couchette du dessus ! Deux personnes ne se croisent pas dans un couloir, non : je suis sûre qu'ils étaient en sens unique. Et puis savoir qu'on est sous l'eau... Pouha !

 

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( les missiles )

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( hôtel cinq étoiles )

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( l'espace pschitt-pschitt )

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Autoportrait

( auto-portrait onslowesque )

 

Je ne suis ni claustrophobe, ni obèse (du moins, pas encore) mais ces trois visites m'ont confirmé une chose : que les bateaux n'ont pas de jambes, certes... Mais surtout que je ne mènerai jamais la vie marine. Non, moi je trouve qu'on est bien sur terre ! On ne peut pas tomber plus bas que le sol et on respire quand on veut, que demander de plus ? C'est donc avec soulagement que je gagne le musée, le vrai. Qu'est-ce que je m'y sens mieux ! Plus en sécurité, en fait. Je traverse d'abord la galerie sur l'entente navale entre les services australiens et américains, puis je passe par une exposition de photographies marines plutôt réussies, avant de faire un arrêt devant l'histoire du navire HMAS Sydney

  • Durant la Première Guerre Mondiale, il a aidé aux recherches de la flotte allemande dans l'océan Pacifique et a été le premier bateau de la RAN à couler un navire ennemi en bombardant le SMS Emden allemand en Novembre 1914. On lui donna sa retraite en 1928.
     
  • Son successeur - le HMAS Sydney II - fut construit en 1936 et commença la Deuxième Guerre Mondiale en effectuant des patrouilles le long des côtes australiennes. Puis il fut recruté par le septième Cruiser Squadron of Britain's Royal Navy en 1940. Son plus grand succès fut de couler le navire italien Bartolomeo Colleoni. Malheureusement, le Sydney II fut coulé à son tour le 19 Novembre 1941 par le HSK Kormoran allemand, entraînant avec lui la vie de 645 hommes.
     
  • Le HMAS Sydney III participa à l'offensive contre la Corée en 1951 et 1952. Il servit également durant la Guerre du Vietnam : entre 1965 et 1972, il effectua plus de 20 voyages entre l'Australie et le Vietnam, permettant à plus de 16,000 hommes de rentrer chez eux. Il prit sa retraite en 1973 et fut vendu comme épave à la Corée du Sud.
     
  • Le quatrième et actuel HMAS Sydney a été construit en 1983 et prit part aux conflits contre l'Iraq durant les deux Guerres du Golf.
 
 
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( l'HMAS Sydney IV )
 
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( petit coup de coeur pour cet attroupement de bonnets rouges )

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( le début de la galerie d'art spécial " fish "... Vous allez voir, c'est particulier )

Fish

( souvenez-vous que même un poisson ne se ferait jamais avoir s'il gardait la bouche fermée... - gare à ce que vous dites )

Poisson

( je vous avais dit que c'était particulier )

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( Miam...)

Fishmen

ah bah voilà ! Là, j'aime ! )

 

Le musée vantait également un espace réservé au surf et un autre sur " comment naviguait et pêchait le peuple Cadigal ", mais j'ai été très déçue : pas de consistance particulière, pas de description pertinente, juste quelques tableaux et objets exposés un peu en vrac. J'ai eu beaucoup plus de plaisir à parcourir la galerie temporaire sur le Titanic, même si ça ne faisait pas vraiment partie de l'histoire de l'Australie et que la plupart des oeuvres étaient en réalité à propos du film, et non de la véritable tragédie.

 

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Iceberg

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 En résumé, je pense qu'on peut picturer les choses ainsi : j'ai payé 25 dollars pour me rendre compte que...

  1. il y a beaucoup de vent sur un bateau, mais très peu de place à l'intérieur
  2. les poissons font de très mauvais sujets d'art
  3. je n'aurais vraiment pas aimé être à bord du Titanic
  4. je n'ai aucun scrupule à regarder la photo d'un homme qui cache son zigouigoui derrière un poisson 

 Fabuleux, n'est-il pas ?

 

BW
 
 
 
A part ça, j'ai goûté un nouveau truc : le Macadamia Brittle. Ce sont des noix de Macadamia enrobées d'une espèce de caramel très clair et très croquant, le tout sous forme de tablette de chocolat. Une tue-rie. Aussi bien pour le palais que pour les hanches, mais qu'est-ce que je m'en fiche, puisque je ne vivrai jamais à bord d'un sous-marin et que je n'aurai donc jamais besoin d'être maigre comme un clou pour passer entre les portes !
 
 
A bientôt les matelots !
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